Se vêtir plus responsable (1)

Par Clara Merdinoglu - 02 janvier

Silhouette Margaret Howell
Disons-le, nous-mêmes, rédactrices de ce blog, sommes comme bon nombre de femmes (et d’hommes !) "fashion addict".  Pour nous, faire du shopping relève en quelque sorte du médicament miracle en cas de coup de mou et acheter un nouveau top ou une petite robe constitue un réel moyen pour nous sentir (encore) plus belle. 

Bref, nous ne nions pas le pouvoir bénéfique du shopping et le sentiment de bien-être qu’il nous procure ! 
Pour beaucoup d’entre nous, les vêtements et le style constituent un moyen d’affirmation de soi ainsi qu’un moyen de séduction. De ce fait, il est simplement hors de question de faire un trait sur le style et sur la mode en général, même si pour notre planète il serait préférable que nous consommions tous moins et mieux.

Nous allons voir, dans la suite de ce mini-guide, comment satisfaire notre envie de faire les magasins  tout en minimisant notre impact sur la planète et les hommes tout en gardant notre style. 

1. Qualité (et utilité) VS Quantité       

Pour commencer, plutôt que de vous expliquer comment consommer de manière éthique et responsable, posons les bases de cet autre mode de consommation en prenant la question à l’envers : Que signifie ne pas être responsable dans ses achats, de façon générale ?

Cela veut essentiellement dire acheter des articles :

  • à bas, voire très bas prix
  • neuf
  • de qualité médiocre
  • en quantité
  • régulièrement
  • les jeter après les avoir porté un faible nombre de fois

C’est le pire des schémas de consommation pour notre environnement. En effet, ce dernier s'associe bien souvent à conditions de travail indignes pour de nombreux ouvriers textile à travers le monde. De plus, cette façon de consommer génère une quantité significative de déchets textiles, majoritairement non valorisés, ainsi qu’un encouragement de conditions de travail désastreuses dans les pays en voie de développement (cf article : La mode éthique et responsable : qu'est-ce que c'est ?).

Néanmoins, c’est le mode consommation majoritairement adopté aujourd’hui. En effet, les grandes enseignes de vêtements low-cost propose toujours plus de choix et de collections. Ceci attise le besoin de nouveauté des consommateurs et les incite à acheter toujours plus et à bas coûts des vêtements bas-de-gamme qu’ils jetteront rapidement pour les remplacer aussi vite. 

Quartz
C’est ce qu’on appelle la « fast fashion ». Le principe repose sur le fait d’acheter aussi vite que l’on jette, pour changer le plus souvent et racheter du neuf. Il va sans dire, mais nous vous détaillerons cette affirmation plus en détail dans un prochain article, qu’en consommant de cette manière, nous contribuons à plein régime à des désastres écologiques d’envergure ainsi qu’à des conditions de travail catastrophiques pour ceux qui fabriquent nos vêtements (et autres articles mode).


Bref, aujourd’hui, il est relativement bien connu que les dessous de la mode de grande distribution sont plutôt peu reluisants.

Pour faire évoluer la tendance, il nous faut repenser notre mode de consommation en terme de prix et de quantité (cela est bien sûr valable pour tous les produits que nous consommons).

Le prix   

Prenons un exemple : un t-shirt à 5 € neuf, vendu dans une grande enseigne, n’est pas simplement un article au prix ultra accessible. Un tel prix signifie des coûts de production très bas, donc une matière souvent de qualité médiocre plus d'infimes salaires pour ceux qui auront confectionné ce t-shirt.

“FAST FASHION ISN’T FREE.

SOMEONE SOMEWHERE IS PAYING” 

Lucy Siegle

Fashion United

D’où l’importance de réfléchir avant d’effectuer ce genre d’achat, certes séduisant mais plutôt lourd de conséquences. 

Effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013, à Dacca, au Bangladesh. Ce bâtiment, visiblement insalubre où ont péri 1127 personnes, abritait plusieurs ateliers de confection. On y produisait des vêtements pour des marques internationales bien connues. Il est aujourd'hui le symbole des abus de la fast-fashion.
Ceci dit, un prix bas n’est pas toujours significatif d’une production non éthique et inversement. Prenons l’exemple d’un t-shirt de la marque Gentle Factory, marque éthique qui prône une fabrication française et éthique. Un t-shirt de cette marque est proposé en magasin pour la somme relativement accessible de 20 €.

A contrario, une robe vendue 150 € peut cacher des coûts de production très bas mais passer pour un article haut de gamme du fait de son prix relativement élevé et de son look. Elle va donc générer dans les consciences de meilleures conditions de fabrication et une matière de meilleure qualité. Ce n’est pourtant pas forcément le cas. En effet, le prix de cette robe en polyester et fabriquée en Chine s’explique par une marge bien plus importante que celle du t-shirt fabriqué en France en coton biologique.

Ceci démontre l’importance, avant d’effectuer un achat, de se renseigner, si possible, sur les valeurs de la marque, sur la matière qui constitue le produit et, bien sûr, sur le pays de production.

La quantité 

Il se pose également le problème de la quantité d’articles textile que nous consommons. En général, nous achetons bien plus que nécessaire, environ 10 kg de textile par an et par personne [1].


Pour nous aider à inverser cette tendance, nous pouvons nous poser cette question lorsque nous hésitons, ou même, lorsque nous sommes sur le point de passer à l’acte d’achat :

Avons-nous vraiment besoin de ce nouveau jeans alors que nous en avons déjà une dizaine, dont trois seulement que nous portons vraiment ?
Ne vaudrait-il pas mieux acheter une chemise de qualité un peu plus chère, au tissu agréable et qui nous tombe parfaitement plutôt que trois à bas prix, au tissu qui froisse en cinq minutes ?

Environ 600 000 tonnes de textiles sont mis sur le marché en France chaque année dont environ 400 000 tonnes non valorisées après usage [1].
Nous ne sommes chacun que des gouttes d’eau dans cet océan de consommateurs mais, en raisonnant en termes de coût et de besoin réel lorsque nous achetons, nous avons le pouvoir de changer les choses.  
Par notre seul mode de consommation, nous détenons le pouvoir de faire évoluer les pratiques et les systèmes de consommation instaurés, quasiment imposés.


“CLOTHES AREN’T GOING TO CHANGE THE WORLD.

THE WOMEN WHO WEAR THEM WILL.”

Anne Klein


A présent, revenons-en à notre sujet principal.

2. Comment se constituer une garde robe responsable?

Les premières actions à effectuer se passent avant d’aller faire du shopping :

  • Quel est mon réel besoin par rapport à mon envie d’acheter ?
  • Faire le tri dans mon armoire

Faire le tri 

Avant d’aller se précipiter acheter quelque chose de nouveau, prenez le temps de trier vos vêtements et vous dénicherez peut-être au fond de votre placard un petit t-shirt très sympa qui irait parfaitement avec cette jupe.
Vous n’aviez jamais testé cet ensemble qui fonctionne à vrai dire parfaitement ? Hop, vous réutilisez un article sous-estimé ou même oublié de votre garde robe et faites des économies par la même occasion !

Notre méthode pour trier sa penderie :


L’idée est simple : PAS D’ÉTATS D'ÂME !
Elle Adore
Sortez de votre armoire tout ce que vous ne mettez plus ! 
Oui, oui, tous ces articles que l’on conserve dans l’idée de les remettre un jour, des cadeaux, des choses moches ou immettables qui vous encombrent… La probabilité que vous les remettiez un jour est sûrement faible donc inutile de vous encombrer avec plus longtemps.

Mettez sur votre lit tous vos vêtements, chaussures, accessoires et maroquinerie qui cochent un ou plusieurs des critères ci-dessous :

  • Ce qui ne vous met pas en valeur
  • Ce qui ne va avec rien
  • Ce que vous n’avez pas mis depuis un an
  • Ce qui (évidemment) n’est pas à votre taille
  • Ce qui ne vous est pas confortable : mauvaise coupe, matière désagréable, chaussures qui continuent à faire mal au pied malgré plusieurs tentatives de se balader avec…
  • Ce qui ne vous est pas pratique : t-shirt qui se froisse au bout de cinq minutes, jupe qui remonte sans cesse…
Une fois votre tri fait, vous vous rendrez compte qu’il fait bon de voir son dressing rempli uniquement des vêtements que l’on aime vraiment et qu’on à plaisir à mettre et à remettre.

Ainsi, votre dressing passera de ça... :
Gros bazar où on n'y voit plus rien, rempli de vêtements que l'on ne met jamais

... à ça :
Le dressing bien rangé, où on y voir clair, rempli uniquement de pièces que l'on aime vraiment porter

A présent, le but n’est pas de se dire que toute cette place faite dans votre dressing est à remplir par de nouveaux achats. On en profite plutôt pour bien ranger le reste de ses vêtements, comme il vous semble le plus judicieux : par type (chemise avec chemise, robe avec robe), par coloris ou autre.

On évitera ainsi désormais la fameuse « Je n’ai rien à me mettre ! » alors que notre armoire est pleine à craquer.


L’idée est :

  • d’y voir clair afin de se créer de nouvelles tenues avec ces vêtements qu’ils vous restent, qui vous vont et dans lesquels vous vous sentez belle et à l’aise.
  • de voir quelle pièce vous manque vraiment et d’effectuer, en fonction et si nécessaire, un ou plusieurs achats réfléchis
  • de permettre à vos vêtements de retrouver une nouvelle vie chez un nouveau propriétaire dans le cas où vous décidez de vous en sépare
Voilà, à présent vous avez les clés en main pour faire de la place dans votre dressing et vous pouvez aller revendre ou donner vos vêtements que vous ne mettez plus. 

Pour continuer sur la bonne voie, patience, la partie 2 arrive !


Référence :



  • Partager:

Vous aimerez également

0 commentaires