Maison Alfa

Par Lucie Ceresa - 26 juin


Maison Alfa fait partie de ces marques qui ont fait le choix de l’up-cycling pour produire des vêtements de façon plus responsable et respectueuse de l’environnement… 

Attendez... Qu’est-ce que l’up-cycling déjà ? 

On vous aide : c’est le fait de récupérer des textiles invendus (rouleaux de tissus) ou usagés (nappes, torchons et même vêtements) pour les transformer en vêtements tous neufs ! 

Mais laissons Alice, la créatrice de cette jolie marque, expliquer tout ceci en détail et présenter l’univers de Maison Alfa. 

Sommaire : 

Rencontre
Généralités
Plus technique
Questions bonus !

Notre avis 
  • Généralités
Matières Premières : Peux-tu présenter la marque Maison Alfa en quelques mots ? Quelle est sa ligne directrice concernant le style ? 

Alice : Maison Alfa est une marque française de vêtements féminins éco-responsables, entièrement fabriqués en France, à Lyon, qui existe depuis maintenant deux ans. 

Le « Made in France » était une évidence dès la création de Maison Alfa. C’est vraiment le fondement de la marque. 

Petit à petit, une vraie réflexion s’est faite sur les matières textiles utilisées pour confectionner les vêtements de la marque. La première action dans ce sens a été de bannir les matières synthétiques des collections. 

Puis, en voyant la multitude de rouleaux de matières textiles déjà disponibles sans produire d’avantage, l'alternative de l’up-cycling (ou sur-cyclage en bon français) c’est-à-dire la récupération de ces rouleaux invendus ou, en tout cas, dont plus personne ne veut s’est imposée progressivement. 

Une seule matière n’est pas récupérée : le Tencel. 

Donc, si je devais donner la ligne directrice de Maison Alfa : 
1) Recyclé 
2) Local 
3) Durable et durabilité 
4) Tendance, intemporelle, pour tous les jours 

Matières Premières : Qui est Alice Durupt (son parcours, ses valeurs en lien avec Maison Alfa...) ? 

Alice : Moi c’est Alice, j’ai 25 ans et je suis originaire d’Auvergne, pas très loin de Clermont-Ferrand. 

Ça fait maintenant 7 ans que je vis à Lyon, où je suis venue pour faire mes études. 

J’ai commencé par un bac pro métiers de la mode. Cette qualification ouvre des portes plus industrielles que créatives de la mode, notamment sur des poste de suivi et gestion de productions petites, moyennes et grandes séries. 

Personnellement, j’étais plus attirée par le côté création/stylisme. Alors, après avoir obtenu mon bac pro, je suis partie à l'école Condé de Lyon. Pendant 1 an, j'ai fais une mise à niveau en art appliqué pour obtenir par la suite un Bachelor Design de mode. 

Et en Décembre 2016, un an après avoir terminé mes études, j’ai créé Maison Alfa avec Fanny, une amie rencontrée lors de mes études. 


Alice du Rupt, fondatrice de Maison Alfa
Matières Premières : D'où t'est venue l'idée de la création de la marque Maison Alfa ? 

Alice : Durant mes études, c’était évident pour moi : je me voyais intégrer une grande maison de couture à Paris. Et la formation que j’ai suivi prépare majoritairement à ça. 

Alors entre la première et deuxième année à l’école Condé, je suis partie à Paris pour effectuer un stage dans une de ces maisons. Mais cela a été une grande désillusion : le milieu du luxe à Paris ne me correspondait pas du tout. Je suis revenue à Lyon en me demandant ce que j’allais faire une fois mes études terminées…

C’est là que l’idée d’une création de marque a germée progressivement. 

Donc à 22 ans, avec Fanny, nous avons créer Maison Alfa. 

Matières Premières : Pourquoi ce nom "Maison Alfa" ? 

Alice : Le « Alfa » du nom de la marque est la contraction de Alice et de Fanny. Le mot « Maison » fait référence à la dénomination « maison de couture ». 

Matières Premières : Qu'est-ce qui a poussé à créer une marque de vêtements responsable ? 

Alice : Le postulat de base était une marque de fabrication française car nous voulions participer à l'effort de défendre le savoir-faire textile français. Et, nous souhaitions rester au plus proche de nos fournisseurs
L’up-cycling est venu par la suite après une réflexion profonde sur les matières textiles que nous voulions utiliser. 

Matières Premières : Quelles ont été les étapes clés de la création et de l'évolution de Maison Alfa ? 

Alice : En Décembre 2016, je crée avec Fanny la marque et société Maison Alfa.

Peu de temps après, Yoann, un ami, intègre l’équipe pour faire une association à trois. Fanny et moi pour le côté marque : développement produit, stylisme, modélisme, confection, préparation des commandes, communication…, et Yoann pour la partie business.

A l’époque, chacun travaillait en tant qu’employé à côté pour s’assurer un revenu.

En Février 2017, Fanny décide de quitter l’aventure. A partir de là, nous ne sommes plus que les deux, Yoann et moi.
Forcément un évènement comme celui-ci pousse à une remise en question, mais nous décidons d'aller de l'avant et de continuer à avancer. 

En Avril 2018, je décide de passer à plein temps sur Maison Alfa. En Septembre de la même année, nous déménageons dans de nouveaux locaux, là où nous sommes actuellement.  
Au même moment, je fais appelle à Jennifer, une couturière free-lance, pour lui déléguer la partie modélisme et confection. Ce qui permet de se concentrer sur d'autres postes notamment la communication. Nous  gagnons vraiment en visibilité à partir de là. 

Enfin, en Mars 2019, Yoann quitte Maison Alfa. Je deviens seule maîtresse à bord. 

Malgré une association malheureuse, j'ai pris du recul sur ce qui s’est passé pour mieux rebondir. J’aime mon métier et ne veux pas laisser tomber cette jolie marque que j’ai fondée. Donc l’année 2019 marquera le renouveau et la renaissance de Maison Alfa ! 

Matières Premières : Pourquoi s' être implantée à Lyon ? 

Alice : Car je vis ici depuis 7 ans ! J'y suis venue pour faire mes études car Clermont-Ferrand ne proposait pas de cursus comme je souhaitais. 
J’aime cette ville, j’y ai construis ma vie et tous mes amis sont ici. Et Lyon, c'est aussi un bassin textile important, propice à la création !

  • Plus technique...
Matières Premières : Le mantra de la marque "Rien ne se perd, tout se transforme" décrit à merveille ce qu'est l'up-cycling, ou sur-cyclage en français. Pourquoi ce choix, et, quels en sont les avantages et les inconvénients ? 

Alice : Face à la multitude de matières textiles disponibles mais non exploitées (rouleaux invendus, fin de rouleaux…), je me suis dit que j’arriverais à trouver mon bonheur dans tout ça sans générer de productions supplémentaires. Et, principal avantage, des coûts matières plus faibles permettent des prix de vente raisonnables. 

Les inconvénients de l'up-cycling sont plus nombreux, à commencer par les quantités disponibles. Il n’y a pas de réassort possible, donc le nombre de pièces réalisées dans une matière est limité, voire très limité. Mais cela peut être vu comme un avantage aussi : vous ne verrez pas votre veste, pantalon ou top à chaque coin de rue !

Le choix de l'up-cycling pour Maison Alfa est vraiment motivé par un refus de participer à la production de nouvelles matières textiles, et, de participer à l'exploitation de ressources naturelles pour cette production. 

Matières Premières : Où trouves-tu principalement tes matières ? Est-ce que tu les laves avant de les utiliser pour la confection ? 

Alice : Je me fournis principalement chez des grossistes textiles, dont le métier est d’acheter les rouleaux de matières invendus auprès de producteurs, français ou non, et de les revendre par la suite à des tarifs avantageux. 

J’ai également un réseau local de producteurs textile que je n’hésite pas à contacter. 

Enfin, sur les brocantes on peut parfois trouver des pépites ! 

Concernant la seconde question : oui, tous les textiles utilisés, une fois découpés pour la confection, sont lavés exceptés les velours mais ils sont doublés. 

La caverne d'Ali Baba...
Matières Premières : Est-ce que tu travailles avec des matières textiles "neuves" ? Si oui, en quelles proportions dans les collections ?  

Alice : Je ne travaille que deux matières non récupérées : le Tencel ou Lyocell. 

En tout, cela représente environ 30% des créations Maison Alfa. Je tiens vraiment à rester dans ma ligne directrice de la récupération de matières textiles couplée à une fabrication entièrement française, lyonnaise, pour être précise !

Matières Premières : Peux-tu nous décrire la "chaîne de production" de Maison Alfa : comment ça se passe, où, avec qui... ? 

Alice : La chaîne de production est plutôt simple :

1) Mes fournisseurs de rouleaux de matières textiles, qui se trouvent dans la région Rhône-Alpes. 

2) Je me charge de tout ce qui est stylisme (création et dessin) ici, dans nos locaux au cœur de Lyon. 

3) Ensuite, cela passe entre les mains de Jennifer qui donne vie à mes créations en réalisant le modélisme c'est-à-dire les patrons, les gradations et les prototypes. 

4) Enfin, toujours entre les mains de Jennifer : la confection des pièces. Nous ne produisons qu'à la commande et en fonction des quantités de matières récupérées.  


Session création

Session patronage et gradation

Session confection

La magie du résultat !

Matières Premières : Comment te vient l'inspiration ? Est-ce par rapport aux matières que tu trouves ou, inversement, as-tu déjà en tête les modèles que tu veux créer ? Quel cahier des charges doivent remplir les créations Maison Alfa (style, confort, prix...) ? 

Alice : Non, je ne vais jamais chez mes fournisseurs sans avoir déjà les modèles de vêtements que je veux réaliser en tête et avec une idée de matière textile associée à chaque modèle. Sinon, cela prendrait beaucoup trop de temps. Au final, je me retrouverais avec des matières, certes très jolies, mais qui ne correspondraient pas forcément à ce que je veux faire. 

Malgré tout, je peux avoir un coup de cœur pour une matière qui peut me donner d’autres idées. 

Il arrive également que je ne trouve pas ce que je cherche. Dans ces cas-là, trouver un compromis qui s’en rapproche le plus est la solution. 

Tout comme la chaîne de production, le cahier des charges des créations Maison Alfa est simple également. 

Ce sont avant tout des vêtements qui doivent être adaptés au quotidien des femmes, peu importe le contexte : travail, soirée… 

Les consommatrices doivent se sentir à l’aise dedans. Je suis attentive à la taille des décolletés, à la coupe qui doit être adaptée à toutes les morphologies du corps féminin… Tout ces détails qui n’en sont pas et qui constituent le confort et le style d’un vêtement. 

Bien évidemment, une attention particulière est portée à la qualité des matières. Car même si ce sont elles sont récupérées, il faut que ce soit des matières qualitatives dont je peux garantir une certaine durabilité. 

Mais, le point central reste le prix. Je veux pouvoir proposer tout ceci à des prix qui restent raisonnables.

Matières Premières : Comment décrirais-tu le style des collections Maison Alfa ? 

Alice : Tendance, intemporelle et pour tous les jours. 




Matières Premières : Est-ce facile de faire du "Made in France" ? Si non, pourquoi et quelles ont été les principales difficultés rencontrées ? 

Alice : Le Made in France n’est pas facile à faire mais ce n’est pas impossible non plus. La principale difficulté, et frein au "MIF", c'est le budget que cela représente. 

Le Made in France coûte cher : les coûts de fabrication sont élevés, surtout pour une petite marque qui débute. Donc, pour se démarquer et se faire connaître, il faut apporter une attention particulière à sa communication.

J'ai aussi rencontré des difficultés dans la recherche des fournisseurs. Et, dernier point, l'entrepreneuriat n'est pas de tout repos ! Il faut le savoir et être préparé.e.s !

Créer une société c'est facile mais c'est plus compliqué de la faire vivre et de la développer. Parfois, cela ressemble à un parcours du combattant. Peut-être encore plus quand on est une femme qui entreprend. Les stéréotypes sont encore bien présents, malheureusement…

Mais, l'entrepreneuriat est une expérience extraordinaire à vivre si l’on en a envie ! 

Matières Premières : Est-ce facile de trouver sa place entre les marques qui font des vêtements avec des matières neuves (mais respectueuses) et les friperies ? Car on peut aussi voir l'up-cycling comme un mélange des deux : des vêtements neufs mais avec des matières textiles de seconde main... 

Alice : Honnêtement, je ne me suis jamais posée la question et c’est la première fois que j’entends ce point de vue ! 

Je pense que Maison Alfa n’est pas du tout dans le même créneau que les friperies car nous proposons des vêtements de première main. Et même si ce sont des matières textiles récupérées, elles ne sont pas usagées. 

Nous nous rapprochons effectivement plus des marques de vêtements éthiques et responsables qui existent mais nous nous démarquons par notre approvisionnement matières un peu particulier et notre production très locale. 

Je considère qu’il y a de la place pour tout le monde  sur le marché et que nous sommes plus complémentaires et confrères que concurrents. 

Matières Premières : Peux-tu nous communiquer le détail des coûts intermédiaires qui font le prix de vente de la chemise Léa ? 

Alice : 




  • Questions bonus !
Matières Premières : Pourquoi es-tu convaincue que le futur de la mode sera éthique et éco-responsable ? 

Alice : J’en suis convaincue car ce n’est pas possible de continuer à exploiter la planète comme nous le faisons, ad vitam aeternam… Les ressources s’épuisent, c’est un fait réel !  Il y a tellement de choses à récupérer pour leur donner une seconde vie. Mais cela ne se limite pas au milieu du textile, c’est un principe applicable à tous les domaines.  

En tant que seconde industrie la plus polluante au monde (après celle du pétrole), si l’industrie du textile décide réellement de changer son modèle, l’impact ne peut être qu’énorme. Encore faut-il que tous les (principaux) acteurs de cette industrie le décident, mais ça c’est un autre débat.  

Matières Premières : Etant dans le milieu depuis quelques temps, ressentez-vous un véritable changement qui s'opère, avec une vraie prise de conscience (consommateurs, marques, industriels...) ? Est-ce que le chemin est encore long ? Quel(s) levier(s) doit-on actionner impérativement et maintenant pour inverser la tendance ? 

Alice : Oui, on ressent effectivement un changement des habitudes de consommation. Comme il y a quelques années pour l’alimentaire, les gens appliquent ces principes à leur mode de vie en général et cela passe par les habitudes vestimentaires. 

Mais cela prend du temps. Tout le monde n’est pas sensibilisé de la même façon et tout le monde ne s’y intéresse pas forcément. 

Aujourd’hui, ce qui manque c’est une réelle visibilité pour ces marques, comme Maison Alfa, qui proposent une autre mode : éthique et responsable. On en revient à la communication évoquée précédemment…

En somme ce qu’il faudrait pour qu’il y ait une prise de conscience efficace : 

  • De la visibilité pour la mode éthique et responsable avec des publicités dans les médias classiques, par exemple dans les magazines féminins "institutions", tels que Elle, Cosmopolitan ou Grazia... 
  • Du contenu de qualité pour éduquer et informer les consommateurs
  • Faire la chasse aux fausses informations et par là j’entends éventuellement pénaliser les marques qui pratiquent le greenwashing sans complexe et qui utilisent l’éco-responsabilité comme outil pur et simple de marketing sans véritable engagement derrière ! 
  • Enfin, encourager toutes les initiatives qui existent dans la mode responsable en leur facilitant l’accès à des financements. Car aujourd’hui, nous ne pouvons plus nier les nombreux problèmes écologiques induits par l'industrie textile donc il faut que les initiatives qui proposent des solutions alternatives soient mises en lumière et encouragées. 
Matières Premières : Pourquoi avoir arrêté la ligne Homme ? 

Alice : Effectivement, la ligne Homme a été arrêtée car nous n’avons pas les capacités humaines  et financières pour tout assurer. Donc, nous avons fait le choix de nous recentrer essentiellement sur la Femme et il y a déjà beaucoup à faire pour la toute petite équipe que nous sommes ! 

Matières Premières : Quels sont les projets de développement de Maison Alfa? 

Alice : Comme je l’ai évoqué au tout début de notre échange, 2019 va marquer le renouveau et la renaissance de Maison Alfa. J’ai besoin de repartir sur de bonnes bases pour tourner la page de mon expérience malheureuse de l’association. 

Ensuite, j’aimerais embaucher Jennifer chez Maison Alfa, pour qu’on forme le noyau dur de la marque. Le but serait aussi de déléguer la confection vers une entité sociale, comme un atelier d'insertion. 

En effet, la valeur ajoutée de Jennifer n’est pas de confectionner des vêtements mais plutôt la partie en amont : le modélisme. 

Et puis, si je vais plus loin, pourquoi pas avoir une visibilité « physique » à Lyon en ouvrant un atelier-boutique et devenir une référence locale de la mode responsable !

Bref, plein de beaux projets pour cette jolie marque !


  • Le test grandeur nature : la chemise Léa


J'aime les chemises... ! 
Après l'Anti-chemise de la marque Hopaal (Cf. : Hopaal), c'est au tour de la chemise Léa proposée par Maison Alfa d'être observée sous toutes les coutures. 

Une chemise n'est pas une pièce simple à réaliser car composée de plein de détails qui, s'ils sont bien réalisés, font la différence entre une chemise de bonne qualité et une chemise de qualité moindre. Le choix de ce type de pièce n'est pas anodin... 

Allez, du soleil, des lunettes de soleil... Et c'est parti ! 

  • Construction de la chemise
La chemise Léa est une chemise "boyfriend" de coupe droite, oversize, au style épuré. 
Regardons de plus près... 

- Le col est un col de type mini, flottant et non-thermocollé. 

Détail : col 

- La gorge, ou patte de boutonnage, est de type simple. En effet, il n'y a pas de couture apparente. 
- Boutons à deux trous, plutôt fins et certainement en polyester effet nacre

Détails : patte de boutonnage et boutons 
- Les poignets ne sont pas des poignets standards. 

Comme évoqué par Alice dans notre échange ci-avant, certaines finitions des pièces Maison Alfa ne sont pas standards par souci d'économies. 
Pour la chemise Léa, l'alternative trouvée aux poignets boutonnés "classiques" sont des poignets simplement fendus, sans bouton. 

Détail : poignets fendus
- La bas de la chemise est arrondi. 
- Dans le dos, notons la présence d'une pince qui vient légèrement cintrer la chemise mais également présente pour l'esthétisme de ce dos. 

Détails : bas de la chemise et pince 
- Les finitions intérieures de la chemise sont très propres : les surplus de tissu au niveau des coutures sont surpiqués de façon très régulière. 

Détail : surpiqûres des coutures intérieures
Le tissu utilisé pour la confection de cette chemise est une toile up-cyclée, c'est-à-dire provenant d'un rouleau de tissu récupéré. 
Son aspect et son toucher doux font penser à du tissu destiné à la fabrication des draps de lit. 
Pour la confection de la chemise Léa, le tissu a été doublé/replié sur-lui même pour faire deux épaisseurs. En effet, Alice nous a fait remarquer cette caractéristique qui évite une trop grande transparence.


  • Impressions personnelles sur cette construction : 
Cette liste est bien évidemment subjective. 

Les
- La faible longueur du point de couture (6 à 7 points par cm) ce qui rend les coutures fines et discrètes. 
- La jointure des différents pans de tissu au niveau des aisselles forme une croix. Rappelons que c'est un gage de qualité pour une chemise de prêt-à-porter. 
- La coupe oversize juste comme il faut (ni trop, ni pas assez large). 

Les  : 
- C'est un peu la bête noire des chemises : l'irrégularité de la couture en bas de chemise qui provoque des plis du tissu. 
- Des boutons à 4 trous sont mieux que de boutons à 2 trous simplement pour une question de couture plus résistante quand réalisée avec 4 trous (idéalement couture en croix). 


  • Les détails qui font la différence :  
- Le côté masculin assumé de la chemise et accentué par la poche de poitrine. 
- Le galon orange fluo présent sur toutes les créations Maison Alfa, signe distinctif de la marque. 

Détails : la poche de poitrine et le galon
- La couleur rose qui casse justement l'aspect masculin et apporte du peps à cette chemise simple et épurée. 
- Même si cette alternative est à la base un souci d'économie, les poignets fendus sont pour moi les détails forts de la chemise Léa. 


  • Conclusion : 
La chemise Léa, sous ses apparences masculines, est une chemise très féminine et dans la tendance actuelle. 

C'est une chemise tout-terrain et facile à associer qui peut se porter de façon casual avec un jean ou plus habillée avec une jupe taille haute et près du corps ou un pantalon sophistiqué, par exemple. 

Il est conseillé (surtout si vous êtes petite comme moi) de la rentrer dans le bas porté pour marquer le côté oversize mais casser la coupe droite masculine. 

Enfin, le rapport qualité/prix (89€) de cette chemise est très correct pour une chemise de prêt-à-porter entièrement confectionnée en France et, ne l'oublions pas, en quantité limitée puisque dans un tissu up-cyclé ! 

Maison Alfa, portée par l'énergie communicative de la belle Alice, à qui nous souhaitons plein de bonnes choses pour ce nouveau départ, est très une jolie marque lyonnaise qui gagne clairement à être connue. En tous cas, nous, on y croit ! 


Maison Alfa, en résumé :




Pour accéder au site de la marque, c'est par ici...

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