FOCUS : La lingerie éthique et responsable

Mis à jour : nov. 14


La mode ce n’est pas seulement ce qu’on porte au-dessus ! Eh oui, une jolie tenue commence aussi par de la belle lingerie en-dessous. 


Tout comme les vêtements, les sous-vêtements peuvent être empreints d’éco-responsabilité et de valeurs éthiques, et, de belles marques le prouvent. 


Pour la petite Histoire


En 1918, Etienne Valton, gérant avec ses deux frères André et Xavier, de la société Les Fils de Valton & Cie à Troyes, décide de couper les jambes de la culotte longue, le sous-vêtement de l’époque. La culotte (ou petite culotte) que nous connaissons est alors créée. 



A la différence de sa grande sœur à jambes, qui était en tissée (donc en tissu), la culotte d’Etienne Valton est tricotée.

Le tricot ou la maille est la matière idéale pour confectionner des sous-vêtements. Grâce aux propriétés élastiques de la maille, la culotte épouse et s’adapte aux courbes du corps tout en étant parfaitement ajustée.

La culotte de M.Valton est d’abord tricotée en cote 2x2 puis en cote 1x1 pour plus de douceur et de confort. 


Au fait… : 

Bien qu’elle fût proposée en laine, en mélange laine-coton et en coton, c’est la version coton qui est rapidement la plus plébiscitée. En effet, sa douceur contraste avec la raideur des sous-vêtements jusqu’alors connus. 


En 1920, il dépose la marque Petit Bateau. La culotte en est la pièce phare. [1]

100 ans après, elle reste un indispensable de la garde-robe. Boudée pendant les dernières décennies (à cause de son image trop sage, le string lui a été préféré), la culotte connaît un nouvel engouement et devient une véritable pièce de mode. En 2016, les ventes françaises de culotte ont augmenté de 7,1%. [2]


La création de la petite culotte marque réellement la naissance de la lingerie moderne comme nous la connaissons aujourd’hui : une lingerie sans contrainte qui ne doit pas entraver les mouvements du corps, tout en étant « invisible » sous les vêtements. 


A sa manière, M.Valton a contribué à la libération du corps féminin et, plus généralement, à l’émancipation de la femme française. 


Jane Birkin qui prouve que la culotte est mutine et sensuelle



Le marché mondial et français du sous-vêtement en 3 chiffres [2]




Qu’est-ce que la lingerie ? [3]


Sous le mot « lingerie » se regroupe théoriquement 5 catégories de produits : [3]

  • Les bas féminins et masculins : culotte, string, tanga, shorty, slip, boxer, caleçon

  • Les hauts : soutien-gorge et brassière

  • La corseterie ou l’industrie du corset, qui est un sous-vêtement gainant avec des baleines (donc rigide) pour affiner la taille et le ventre, et maintenir la poitrine. 

  • La lingerie de jour : le chaussant (collants, bas, chaussettes), leggings (!), débardeur (ou maillot de corps)

  • La lingerie de nuit : pyjama, nuisette, chemise de nuit 


La lingerie en 2018 [4]


La lingerie, comme les vêtements, évolue en même temps que la société et reflète l’époque actuelle. 

Aussi, si 2018 marque une certaine révolution féministe et féminine, la lingerie accompagne les femmes en proposant des pièces qui mêlent confort et sensualité tout en répondant au besoin de fonctionnalité. 

On est loin des dessous ultra-coquins des années 2010, pas toujours adaptés aux diverses morphologies du corps des femmes (et pas toujours confortables). 


Comme évoqué précédemment, la culotte a la cote ! Particulièrement la culotte taille haute revisitée afin de devenir un dessous sensuel qui flatte la silhouette. 

Et c’est tout le concept au cœur des nouvelles collections : la lingerie doit magnifier le corps tel qu’il est, sans le cacher. Ce concept est celui du « Shapewear » ou une lingerie emboîtante qui sublime les formes en effaçant les petites imperfections. 


Fast-Fashion et lingerie


Le paragraphe précédent montre une réalité : la lingerie a dépassé le stade du vêtement de commodité obligatoire. 

Les sous-vêtements sont devenus de vrais accessoires de mode qui suivent les tendances, au même titre que nos vêtements.  

Ces deux dernières années, le sous-vêtement est devenu un élément de tenue qui finit un look et que nous n’hésitons plus à montrer (toute proportion gardée, bien évidemment). 


La lingerie se dévoile, comme ici au défilé Dolce & Gabbana Printemps/Été 2017 [5]


Si certains sont optimistes en disant qu’à la différence des vêtements, les consommateurs recherchent toujours la qualité pour leur lingerie [6] d’autres plus pessimistes (ou simplement réalistes) constatent que les ventes de lingerie s’effectuent majoritairement dans les grandes et moyennes surfaces ET dans le réseau des franchises, donc les grandes multinationales de la fast-fashion. 

En France, en 2017, un tiers des parts du marché de la lingerie sont détenues par ces multinationales. Elles devancent les grandes et moyennes surfaces (historiquement principal distributeur de lingerie) qui voient leur part de marché diminuer à 23,9%, contre 25% en 2016. [7]


Ainsi, la lingerie n’est pas épargnée par ce qui fait le succès du modèle de la fast-fashion : un renouvellement permanent des collections avec des produits proposés à bas coûts, donc souvent de qualité très médiocre avec une espérance de vie raccourcie au maximum, dans le but d’inciter à la consommation permanente. 

Et, comme pour les vêtements, le point central de ce modèle économique linéaire (production-utilisation-poubelle) est une production à très bas coûts dans des pays qui s’affranchissent des règles environnementales et autres droits du travail. 


Il faut environ 1300 litres d’eau pour faire pousser le coton conventionnel qui sera utilisé pour la confection d’un ensemble de lingerie. [8]

A cette consommation impressionnante d’eau, s’ajoutent les nombreux pesticides utilisés pour la culture du coton qui viennent polluer les sols et l’eau.


Un exemple de greenwashing qui se réfère au coton : en 2010, LA grande multinationale suédoise de la fast-fashion a été épinglée concernant ses produits étiquetés en « coton biologique ». En effet, 30% étaient en réalité confectionnés avec du coton OGM (organisme génétiquement modifié). [8]


Plus de 8000 substances chimiques sont utilisées dans l’industrie du vêtement, tout au long de la chaîne de production (de la transformation de la matière brute aux apprêts de finition du produit). Certaines de ces substances sont d’ailleurs interdites en Europe. [9]

Cela laisse supposer l’impact significatif de ces produits sur l’environnement et sur les hommes, que ce soit les employés du textile ou les consommateurs finaux. 


Enfin, selon les propos du rapport « A new textiles economy : Redisigning fashion’s future », publié en novembre 2017 par le programme Circular Fibres Initiative de la Fondation Ellen MacArthur : « Chaque seconde, l’équivalent d’un camion de déchets vestimentaires est brûlé ou tout simplement enfoui. » [9]


La lingerie, faisant parti de la grande famille des vêtements, se retrouve dans ces déchets vestimentaires. 

Une raison supplémentaire pour se tourner vers des marques de sous-vêtements éthiques et responsables ! 


Les marques de lingerie qui font de la résistance


Heureusement, certaines marques de lingerie proposent des produits respectueux de notre peau mais également de l’environnement et des petites mains qui les confectionnent. 

Et le plus important, elles commercialisent des produits de qualité et durables, au juste prix.


Ci-après, une sélection de quelques marques responsables et éthiques, qui ont retenu notre attention. 


Les françaises :


Esquisse Lingerie [10] : Lingerie en tissu (mélange 78% polyamide/22% élasthanne) certifié Oeko Tex Standard 100 (produits exempts de substances potentiellement toxiques pour les consommateurs) 


💡Le petit + : une fabrication (de A-Z) 100% française [11]


  • Conception et design : Paris

  • Graphisme : dans l’Yonne 

  • Modélisme et prototypes : en Ille et Vilaine 

  • Confection : en Ille et Vilaine et dans l’Ain 

  • Impression : en Isère 

  • Tissage : en Ardèche (spécialiste européen des tissus élastiques)

  • Découpe laser : dans la Drôme 

  • Emballage (fabrication des coffrets en papier et carton issus de forêts responsables) : dans l’Ain 

Prix : 

Bas : de 30€ à 65€

Haut : de 65€ à 105€


💚 Coup de cœur pour cette jolie marque un brin mutine et dans l’air du temps.



Do You Green [12] : Lingerie en fibres de pin


Le pin est issu de forêts responsables, n’utilisant pas de produits chimiques. 

La transformation du bois en matériaux fibreux (fils) propre à la confection est également exempt 

de substances chimiques. 

Les autres matières utilisées sont également françaises, comme la dentelle de Calais. 

La confection et l’emballage des produits sont réalisés en Tunisie. Puis, ils retournent en France (par bateau) afin d’être expédiés a leurs futurs propriétaires. [13]


💡Le petit + : l’emballage 

Les emballages des produits sont obtenus à partir des chutes de papier à patrons assemblées avec des restes des fils utilisés pour la confection. [13]


Prix : 

Bas : de 15€ à 25€

Haut : de 29€ à 39



Dessù [14] : Lingerie en tissus provenant, à 80%, de chutes de maisons de luxe 


💡Le petit + : le concept original de « lifestyle-lingerie » défendu par la marque qui propose des produits reflétant chaque moment et humeur de la journée. [15]

Et pour obtenir une palette complète d’humeurs, la marque collabore régulièrement avec des personnes de talent, comme le dessinateur et tatoueur Jean André ou la brodeuse Anaïs Albar, dont les univers opposés sont tous deux inspirés par les femmes. [16]


La fabrication (faite avec amour) se partage entre la Tunisie et Shanghaï.


Chez Dessù, le bas se porte sans haut ! 


Prix : de 45€ à 120€



Autres marques qui méritent d’être citées également : Olly, Pop’line, Peau Ethique, The FrenchKiss

A vous de les découvrir ! 


Celles d’ailleurs :

Quelques noms de marques responsables et éthiques, aux looks plutôt sympas… et qui nous font voyager ! [17] [18]


USA : Naja et White Rabbit

Danemark : Woron

Allemagne : Anekdot

Grande Bretagne : Lara Intimates et Luva Huva

Belgique : La fille d'O

Australie : Nico


Enfin le site de e-commerce Azura Bay, spécialisé dans la vente de lingerie éthique et responsable, propose plein d’autres marques. Chacune pourra y trouver son style et ce dont elle a besoin ! [19]


💡Le petit + : Le site propose une sélection de produits « sexy ». Car, disons-le, la lingerie c’est aussi réservé à des moments particuliers… Et cette rubrique vous aide à trouver de la lingerie finement osée, qui respecte vos valeurs. [20]


Voilà, plus d’excuse pour ne plus être responsable et éthique jusqu’au bout de la petite culotte ! (Pensez-y : « whomademyclothes? » ça marche aussi pour les marques de lingerie…)




Sources utilisées pour la rédaction de cet article :


[1] http://www.doolittle.fr/les-100-ans-de-la-culotte/

[2] https://fashionunited.fr/actualite/business/lingerie-le-marche-a-la-baisse-en-2017/2018011214456

[3] http://www.dynamique-mag.com/article/secrets-secteur-lingerie.9558

[4] https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/16/2722781-culotte-bralette-shapewear-cap-sur-les-nouvelles-tendances-lingerie.html

[5] https://www.vogue.fr/defiles/defiles/defile/printemps-ete-2017-milan-dolce-gabbana/19255#defile-12

[6] http://www.lingerieinsight.com/editors-letter-fast-fashion-affecting-lingerie/

[7] http://fr.fashionnetwork.com/news/Le-marche-francais-de-la-lingerie-et-du-chaussant-a-recule-en-2017,937775.html#.WxKPli_pOb8

[8] http://remake.world/evergreen/evergreen-underwear/

[9] Rapport de la Fondation Ellen MacArthur « A new textiles economy : Redesigning fashion’s future »

[10] https://esquisse-lingerie.com

[11] https://esquisse-lingerie.com/la-fabrication-100-francaise/

[12] https://www.doyougreen.com/fr/

[13] https://www.doyougreen.com/fr/coulisses-doyougreen/

[14] https://dessu.nu

[15] https://dessu.nu/a-propos/concept/

[16] https://dessu.nu/categorie-produit/collab/

[17] https://thegreenhubonline.com/2017/12/12/the-ultimate-guide-to-ethical-sustainable-underwear-brands/

[18] https://www.vanityfair.fr/style/mode/story/ces-marques-de-lingerie-a-suivre-sur-instagram/1892#miss-crofton-7

[19] https://www.azurabay.com

[20] https://www.azurabay.com/collections/valentines 

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